Dans ma pratique, je vois des patients, souvent des femmes, traverser des tempêtes… tout en me décrivant la météo comme s’il ne tombait qu’une légère bruine. Minimiser ses symptômes, ses émotions, ses douleurs ou ses difficultés est fréquent.
P. — deux opérations du cerveau.
Elle me dit : « ça va, j’ai eu des conséquences mais bon, c’est rien par rapport à d’autres ».
Ce n’est pas de la force, c’est de la survie silencieuse. Quand l’évènement est trop grand, on le rétrécit pour qu’il puisse tenir dans notre quotidien. Et puis, il y a la peur de déranger, aussi.
M. — en post-partum.
Elle s’excuse d’être fatiguée, parce que “c’est normal d’être débordée”…
Alors qu’elle navigue en plein post partum avec son cortège de changement hormonal, physique et logistique. Le post-partum est une période intense, beaucoup de femmes estiment qu’elles “doivent tenir” car « elles l’ont choisi donc elles ne vont pas se plaindre». Mais recevoir un peu d’aide peut le rendre vraiment + confortable et cela peut changer le vécu.
C. — enceinte.
Elle banalise ses douleurs, ses peurs, ses nuits hachées, parce que “par rapport aux autres c’est de la gnognotte”.
La grossesse reste souvent entourée de normes silencieuses : “ne pas se plaindre”, “être forte”, “faire bonne figure”, « et puis certaines ont du mal à tomber enceinte » ou « on a tellement eu de mal à avoir ce bébé donc je ne vais rien dire, je n’en ai pas le droit »
Derrière ces trois histoires, la même mécanique :
Minimiser, c’est s’adapter.
Mais c’est aussi s’effacer.
Ça aide à tenir… mais ça empêche d’être soutenue.
Pourquoi on minimise ?
Les raisons sont multiples, mais reviennent souvent :
* Peur d’être un fardeau
* Croyance que “d’autres vivent pire”
* Normalisation culturelle de la douleur (surtout féminine)
* Éducation à la “force”
* Intériorisation du “ça va”
* Manque d’espace pour s’exprimer
On est conditionné à minimiser.
Alors oui, nommer, dire, reconnaître, ce n’est pas “se plaindre”.
C’est remettre du vrai là où on avait mis du “ça va”.
C’est tendre la main là où on s’était murée dans le silence.
Et c’est souvent le début du soin. On se soigne en reconnaissant ce qui est là.
✨ Et toi : tu as déjà minimisé quelque chose d’important ?
Tu fais partie de celles (ou ceux) qui disent “ça va” alors que ça brûle dessous ?
Raconte-le, qu’on ne laisse plus personne traverser sa tempête en silence.
Ah et les choses ont le droit de bien se passer aussi ^^
combien de fois j’ai eu le droit aussi en consult à des femmes en post partum qui n’osaient plus vraiment dire non plus que ça allait comme si c'était honteux, et que non elles ne vivaient pas du tout leur post partum comme parfois on entend en parler.
Vous avez le droit de ressentir ce que vous ressentez et vous avez le droit de le dire.
Il y a une diversité de vécues comme autant il y a une diversité de situations.
Vous avez le droit de ressentir ce que vous ressentez, ne vous couper pas de cela, osez le dire également c'est cela qui fait la richesse du monde !

