Préménopause, périménopause, ménopause : quelles différences ?
Lorsque ces changements apparaissent autour de la quarantaine, une question revient souvent :
- Bouffées de chaleur
- Cycles qui raccourcissent ou s'allongent
- Sommeil moins réparateur
- Irritabilité
- Fatigue
- Règles plus abondantes
- Difficultés de concentration…
« Est-ce que je commence la ménopause ? »
On entend alors parler de préménopause, de périménopause ou de ménopause. Ces trois termes sont souvent utilisés indifféremment, alors qu'ils ne correspondent pas exactement à la même période.
Et surtout, la ménopause n'arrive généralement pas du jour au lendemain. Elle est précédée d'une transition hormonale progressive, qui peut débuter plusieurs années avant les dernières règles.
En bref : ce qu'il faut retenir
- Préménopause / Périménopause : C'est la véritable phase de transition (souvent entre 40 et 50 ans). Les cycles deviennent irréguliers et les variations hormonales entraînent les premiers inconforts (sommeil, humeur, bouffées de chaleur, douleurs).
- Ménopause : Il s'agit d'un événement précis (les dernières règles), confirmé rétrospectivement après 12 mois consécutifs sans menstruations.
- Postménopause : Toute la période qui suit, où la prévention cardiovasculaire et osseuse devient essentielle.
- Vous n'avez pas à subir ces symptômes : Une approche globale (médicale, hygiène de vie, ostéopathie) permet de préserver votre qualité de vie.
La ménopause : une date que l'on ne peut connaître qu'après coup
Commençons par le terme le plus connu. La ménopause correspond à l'arrêt définitif des menstruations lié à la perte de l'activité folliculaire des ovaires.
En pratique, on considère qu'une femme est ménopausée lorsqu'elle n'a plus eu de règles pendant 12 mois consécutifs, en l'absence d'une autre cause pouvant expliquer cette aménorrhée.
La ménopause correspond donc en réalité à un événement précis : les dernières règles. Mais il faut attendre douze mois pour pouvoir affirmer rétrospectivement qu'il s'agissait bien des dernières.
En France, elle survient en moyenne autour de 51 ans, même s'il existe évidemment des variations individuelles.
Et la préménopause ?
C'est là que le vocabulaire devient plus compliqué.
Dans le langage courant, le terme préménopause est souvent utilisé pour parler des quelques années pendant lesquelles les premiers symptômes apparaissent alors que les règles sont encore présentes. Scientifiquement, le terme est cependant assez imprécis.
Les classifications internationales du vieillissement reproductif, notamment la classification STRAW+10, préfèrent distinguer différentes étapes de la vie reproductive puis une transition ménopausique.
L'Inserm recommande d'ailleurs plutôt de parler de périménopause, car la période de transition ne s'arrête pas au moment des dernières règles.
Autrement dit : ce que l'on appelle couramment "préménopause" correspond le plus souvent au début de la transition vers la ménopause.
La périménopause : la véritable période de transition
Définition et durée de la périménopause
La périménopause correspond à la période qui entoure la ménopause. Elle commence lorsque le fonctionnement ovarien devient plus irrégulier et se poursuit jusqu'à environ un an après les dernières règles. Elle peut durer plusieurs années.
Les variations hormonales en périménopause
Pendant cette période, le fonctionnement des ovaires devient progressivement moins régulier. Les ovulations peuvent notamment devenir plus espacées ou ne pas avoir lieu lors de certains cycles. Conséquence : les concentrations hormonales deviennent beaucoup plus variables.
Et c'est un point important à comprendre : en périménopause, les œstrogènes ne diminuent pas forcément de façon régulière. Ils peuvent au contraire connaître d'importantes fluctuations.
La progestérone tend notamment à diminuer lorsque les cycles deviennent plus fréquemment anovulatoires, tandis que la production d'œstrogènes peut être très variable avant de diminuer plus durablement à l'approche de la ménopause. C'est cette instabilité hormonale, davantage qu'une simple chute linéaire des hormones, qui participe à de nombreux symptômes de la périménopause.
Quels sont les premiers signes de la périménopause ?
Les modifications du cycle menstruel constituent souvent l'un des premiers indices.
Les cycles peuvent commencer par se raccourcir, puis devenir plus variables. Plus tard, des périodes de plusieurs semaines sans règles peuvent apparaître.
Mais les changements menstruels ne sont pas les seuls signes possibles.
Certaines femmes peuvent présenter :
- des règles plus abondantes ou au contraire moins importantes ;
- un syndrome prémenstruel plus marqué ;
- des seins sensibles ;
- des bouffées de chaleur ;
- des sueurs nocturnes ;
- des difficultés d'endormissement ou des réveils nocturnes ;
- une fatigue inhabituelle ;
- des variations de l'humeur ou une irritabilité ;
- des difficultés de concentration ou une impression de « brouillard cérébral » ;
- une sécheresse vulvo-vaginale ;
- des symptômes urinaires ;
- des douleurs articulaires ou musculaires.
Toutes les femmes ne ressentent évidemment pas l'ensemble de ces manifestations.
Certaines traversent cette période avec très peu de symptômes, tandis que d'autres voient leur sommeil, leur vie professionnelle, leur sexualité ou leur qualité de vie nettement perturbés.
Pourquoi les cycles commencent-ils à changer ?
À la naissance, les ovaires possèdent un stock déterminé de follicules contenant les ovocytes.
Ce stock diminue progressivement au cours de la vie.
À l'approche de la ménopause, la réponse des ovaires aux hormones qui contrôlent le cycle devient moins régulière. Toutes les stimulations ovariennes n'aboutissent plus nécessairement à une ovulation.
Or, après une ovulation, le follicule se transforme en corps jaune, qui produit notamment de la progestérone.
Lorsque les ovulations deviennent moins régulières, la production de progestérone devient donc elle aussi plus irrégulière.
Puis, au fur et à mesure que la réserve folliculaire s'épuise, la production ovarienne d'œstrogènes finit également par diminuer durablement.
Ce processus explique pourquoi la transition ménopausique peut être assez chaotique : les hormones ne s'arrêtent pas brutalement ; leur production fluctue pendant plusieurs années.
Peut-on être en périménopause avec des règles parfaitement présentes ?
Oui. C'est même ce qui rend cette période parfois difficile à identifier.
Les premières modifications peuvent être relativement discrètes : variation de quelques jours dans la durée des cycles, syndrome prémenstruel différent, sommeil plus fragile, apparition de bouffées de chaleur…
La classification STRAW+10 définit notamment le début de la transition ménopausique par une variation persistante d'au moins 7 jours dans la durée de cycles consécutifs.
À un stade plus avancé, des périodes d'aménorrhée de 60 jours ou davantage peuvent apparaître.
Faut-il faire un dosage hormonal pour savoir si l'on est en périménopause ?
Pas systématiquement.
Chez une femme de 45 ans ou plus présentant des symptômes évocateurs associés à une modification récente de ses cycles, les recommandations du NICE préconisent d'identifier la périménopause sur les symptômes et l'histoire menstruelle, sans recourir systématiquement à des analyses biologiques.
Pourquoi ?
Parce qu'en période de transition, les concentrations hormonales peuvent énormément varier d'un jour ou d'un cycle à l'autre.
Un dosage d'œstradiol ou de FSH réalisé à un instant donné ne constitue donc pas forcément une photographie fiable de ce qui se passe sur plusieurs mois.
Dans certaines situations – notamment lorsque des symptômes évocateurs apparaissent plus jeune – un bilan médical peut en revanche être indiqué.
Peut-on encore tomber enceinte pendant la périménopause ?
Oui. Tant que la ménopause n'est pas installée, des ovulations peuvent encore avoir lieu, même si elles deviennent irrégulières.
Périménopause ne signifie donc pas infertilité.
La question de la contraception reste importante et doit être discutée avec un médecin ou une sage-femme en fonction de l'âge, des antécédents et de la situation individuelle.
Et après les 12 mois sans règles ?
On entre alors dans la postménopause. Les ovaires ont considérablement diminué leur production hormonale, notamment d'œstrogènes.
Certains symptômes de la transition peuvent progressivement s'atténuer. Les bouffées de chaleur, par exemple, peuvent disparaître avec le temps, même si elles persistent plusieurs années chez certaines femmes. D'autres conséquences de la diminution des œstrogènes méritent en revanche une attention à plus long terme.
Les œstrogènes interviennent notamment dans le métabolisme osseux, cardiovasculaire et dans les tissus génito-urinaires.
Après la ménopause, la prévention et le suivi médical prennent donc également en compte la santé osseuse, cardiovasculaire, métabolique et génito-urinaire.
Préménopause, périménopause, ménopause : retenons simplement
- Préménopause - Le mot est très utilisé dans le langage courant pour désigner la période précédant la ménopause, mais il est relativement imprécis. On lui préfère aujourd'hui souvent les notions de transition ménopausique et de périménopause.
- Périménopause - C'est la période de transition autour de la ménopause. Les cycles commencent à changer et les hormones deviennent plus fluctuantes. Elle englobe les années précédant les dernières règles et se poursuit jusqu'à environ un an après celles-ci.
- Ménopause - Elle correspond aux dernières règles et est confirmée rétrospectivement après 12 mois consécutifs sans menstruations, lorsqu'aucune autre cause ne les explique.
- Postménopause - C'est toute la période qui suit la ménopause.
À quel moment faut-il en parler à un professionnel de santé ?
Il n'est pas nécessaire d'attendre que les symptômes deviennent insupportables.
Des règles devenues particulièrement abondantes, des saignements inhabituels, des bouffées de chaleur importantes, des troubles du sommeil, des symptômes génito-urinaires, des modifications importantes de l'humeur ou plus généralement des symptômes qui altèrent la qualité de vie justifient d'en parler avec un professionnel de santé.
De même, des symptômes évocateurs apparaissant avant 45 ans, et a fortiori avant 40 ans, méritent une évaluation médicale.
La ménopause est une étape physiologique de la vie et non une maladie.
Cela ne signifie pas pour autant qu'il faille subir ses symptômes.
Des solutions existent et la prise en charge doit être adaptée à chaque femme, à ses symptômes, à ses antécédents et à ses attentes.
Et l'ostéopathie dans tout ça ?
La périménopause peut également s'accompagner de modifications du sommeil, d'une évolution de l'activité physique ou de douleurs musculosquelettiques.
L'ostéopathie ne traite pas la ménopause et ne rééquilibre pas les hormones.
Elle peut en revanche trouver sa place dans une prise en charge globale lorsqu'une patiente consulte pour certaines douleurs ou gênes fonctionnelles associées à cette période de vie.
Au cabinet, l'objectif est alors de comprendre le motif de consultation dans son ensemble, tout en sachant orienter vers le médecin, la sage-femme ou le gynécologue lorsque les symptômes nécessitent une évaluation ou une prise en charge médicale.



